Politique touristique : pour une méthode au service du fond.

Publié le par Kevrenn Bro An Oriant

La Sellor est une société d’économie mixte dont  Cap Lorient est l’actionnaire majoritaire. Elle gère, par des contrats de nature variée, les ports de plaisances, les espaces muséographiques, un camping…. Le compte rendu d’administration et d’activité était à l’ordre du jour du conseil de Cap Lorient le 17 octobre 2008 .

 

A noter que ce texte sur la Sellor reprend des interventions déjà présentées depuis 3 ans. Y. Syz  souhaitait la réitérer une dernière fois pour sensibiliser les nouveaux élus aux interrogations des élus UDB . Notre vote ne changera pas si les choses restent en l’état, mais que les élus se rassurent, on leur fera grâce de ce couplet la prochaine fois. Maintenant que ce point de vue est exposé à l’assemblée communautaire il n’y a pas lieu d’y revenir. Par souci d’honnête, nous mettons en note de bas de page deux des réponses apportées par les administrateurs de la Sellor qui nous semblent fondées.

 

« Le rapport d’activité de la Sellor valide largement les remarques que j’ai déjà longuement développées lors du contrat précédent.

Je ne m’attarderai que sur deux points : les espaces découvertes et les listes d’attente dans les ports.

J’ai déjà eu l’occasion de critiquer les choix de gestion des espaces découverte. Je  rappellerai  3 éléments  aux nouveaux élus :

 

1 - Si la fréquentation des espaces découverte est globalement stable ces dernières années, elle est largement inférieure aux estimations produites par la Sellor pour obtenir ces contrats à la fin des années 90. Ainsi à l’époque, la Sellor prévoyait elle, 50 000 visiteurs / an  pour la Thalassa. Nous n’avons jamais atteint la moitié.( 1)  Je constate que cette critique a porté, et que pour la cité de la voile, prévision et fréquentation s’accordent nettement mieux. Cependant, il n’est pas inutile de placer ce succès dans une perspective qui s’explique par des alertes précédentes.

 

 

2 - Un certain nombre des alertes que j’ai nommées ici ont été également formulées en partie par la Chambre Régionale des Comptes. Cet élément a permis de modifier un peu l’écriture de nos contrats avec la Sellor. J’avais à l’époque fait observer le niveau anormalement élevé des charges de communication, qui  représentaient 50% à 120% du chiffre d’affaire de chaque espace découverte.

 

Je constate que dans son écriture, le rapport fait part de frais de communication en baisse, mais se situent encore à 40% du chiffre d’affaire global. Quand on sait que Cap l’Orient apporte une contribution de 1 million d’euros à la Sellor sur cette gestion, les élus ont le droit de s’interroger sur un ratio de dépenses publicitaires qui ferait mourir n’importe quelle entreprise privée. C’est d’autant plus vrai que l’année même où la publicité est malgré tout en baisse, la fréquentation des équipements est globalement stable.

On a donc ici la preuve du faible impact des choix de gestion de la direction de la Sellor sur ses résultats. La fréquentation des espaces découvertes dépend bien plus des prescripteurs locaux que sont les Offices de Tourisme, les associations et les habitants que les aléas de choix publicitaires coûteux au final pour la collectivité. La Sellor n’est pas un Office du Tourisme bis.

 

3- L’actualité récente renforce mes inquiétudes. Bien sûr, je ne veux pas rentrer ici dans les détails et les raisons du licenciement rapide de la directrice de la cité de la Voile. Je veux simplement relever les choix stratégiques opérés en interne par la Sellor à la suite de ce licenciement. Cela n’est pas rassurant.

En effet, la Cité de la Voile sera désormais dirigée au travers d’un poste dont le profil est «  responsable d’exploitation » avec un accent sur la culture ( maison) de la communication. Mais la cité de la Voile, pour la pérennité de sa réussite, a besoin d’une direction qui va plus loin qu’un simple profil commercial qui n’a pas réussi à la Thalassa et ses homologues. Pour que la Cité de la Voile soit une réussite à la fois culturelle et économique, les deux logiques s’appuyant l’une l’autre, inséré dans la vie de son territoire, en lien avec les entreprises, l’université, les associations, c’est un véritable profil de responsable d’équipement qu’il eu fallu. Ce choix stratégique de la Sellor montre une volonté de revenir aux vieilles habitudes ce qui ne présage rien de bon en terme de renouvellement nécessaire des contenus et de gestion.

En effet, ce qui fait l’attractivité d’un équipement, c’est avant tout la réflexion permanente sur un contenu renouvelé et en phase avec la société. Et pas de

doublonnage des plaquettes d’un Office de Tourisme, l’histoire de la Sellor en est la preuve.

 

 

Un mot enfin pour appeler les uns et les autres à la prudence sur l’ampleur de la liste d’attente dans les ports de plaisance. Les 1600 inscrits ne doivent être une pression sur les choix d’aménagement des élus.(2) Les activités de plaisance dans la rade et sur ses abords ont toute leur place, mais dans le respect des intérêts des autres activités maritimes.

N’oublions pas que ce qui fonde l’histoire de notre territoire est notre position stratégique sur l’océan. Cette position fonde un savoir –faire commercial et industriel. J’invite donc chacun à penser la place de cette plaisance en complémentarité et non en concurrence de nos fondamentaux. Une réponse technique à la liste d’attente se trouve plutôt dans les ports à sec et la rotation sur ponton que dans l’extension de ports actuels, sous peine de geler nos développements industriels portuaires. »

 

(1) JP Bageot, président de la Sellor jusqu’en avril 2008, a contesté cette info, en relevant que les prévision de 50 000 n’était pas le fait de la Sellor, mais de bureu d’études extérieurs.

      (2) Laurent Tonnerre, élu socialiste de Lorient, a rappellé que ce chiffre de 1600 est biaisé, car beaucoup font des inscriptions multiples dans plusieur ports.

C’est exact, et ce rappel ne fait que renforcer notre appel à la prudence face à ceux qui ambitionne de créer de nouveaux ports de plaisance dans la rade.

 

 

 

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laurent 14/11/2008 20:14

Merci de parler un peu de la cité de la voile dans ces termes qui me semble juste et avisés!! J'y ai travaillé sous les ordres de l'ancienne directrice puis apres son départ (sans remplacement réel pendant la saison...) Depuis je n'y suis plus... et je n'en suis pas mécontant!! je suis triste de voir ce qu'ils font de la cité!! Nous étions TOUS prets à tout donner pour que la cité soit un lieu incontournable, malheureusement apres le depart de la Directrice c'est devenu inimaginable!!! Mais que font les politiques?? Merci de m'avoir lu!

Union Démocratique Bretonne Lorient 15/11/2008 15:28


Bonjour Laurent,

commentaire instructif sur l'etat d'esprit sur le sujet. Vous dites que font les politiques? Nous ne pouvons répondre que pour nous, en précisant que le texte ci dessus a été préparé par les élus
locaux de notre parti (Union Démocratique Bretonne), et lu par notre représentant au Conseil de Cap Lorient, dans le but de sensibiliser les membres de cette assemblée, en particulier les nouveaux
élus. Nous verrons si celà en aura réveillé quelques uns...
Si vous le souhaitez, nous pouvons échanger sur votre vécu de la situation sur ce contact udb.broanoriant@yahoo.fr. Nous pourrons peut-être ainsi faire
avancer les choses, car la résignation ne fait pas partie de nos caractéristiques.