Favoriser la recherche pour le développement

Publié le par Kevrenn Bro An Oriant

Nous connaissons ces dernières années une période de mutation industrielle qui a de lourdes conséquences en matière d’emplois. L’analyse est simple : des pays longtemps qualifiés de « sous-développés » ou « en voie de développement » ont acquis un véritable savoir faire en matière de production manufacturée.

 

Avec l’UDB, désireuse comme tout mouvement humaniste d’un meilleur partage des richesses dans le monde, je pense que ce fait est à priori une bonne nouvelle. On ne peut pas souhaiter un meilleur développement économique en Bretagne et le refuser aux Indiens, Chinois et autres Brésiliens. Encore faut-il regarder si leurs nouveaux savoirs faire s’accompagne d’un vrai progrès salarial, à la fois au nom des idéaux que nous portons, et en raisons des concurrences inégales que nous subissons.

Mais le vrai problème de nos bassins d’emplois, et c’est le cas au pays de Lorient, ce n’est pas l’émergence d’un meilleur équilibre mondial, mais le manque de réactivité et d’anticipation de nos gouvernants.

Dans une logique louable mais finalement conservatrice, le premier réflexe des élus a été de se battre, jusqu’à la perfusion, pour la sauvegarde de sites voués à la disparition. Les faits ont montré que cette attitude est vouée à l’échec presque à tous les coups (Usinor, Vilvoorde, Moulinex…). Le travail des élus doit plutôt être de construire des alternatives en amont, faire en sorte que nous ayons toujours un coup d’avance dans ces mutations, pour que les salariés qui voient leur activités fermer retrouvent tout de suite de l’emploi.

Cette ambition suppose de jouer sur le levier de la Recherche.

Les investissements publics en matière de recherche n’ont cessé de diminuer ces dernières années, au contraire d’autres pays d’Europe. Par exemple, c’est grâce à la puissance de sa recherche que la Suède, via Nokkia, est devenue un grand leader des technologies de la communication.

Nous devons mettre en place les budgets nécessaires pour imaginer dans les laboratoires, les entreprises et les universités les métiers de demain pour anticiper les crises d’après demain.

Par exemple, à Lorient-Lanester, DCN pourrait connaître une crise majeure dans les prochaines années. C’est dès maintenant qu’il faut l’anticiper, en organisant notre recherche autour des savoirs des salariés de cette entreprise.

La première idée serait sans doute de réorienter DCN sur la construction navale civile, qui entre en cohérence avec le développement du port de commerce. Mais cela ne peut suffire... On sait aussi qu’un grand nombre de matériaux utilisés pour les frégates sont également utilisables dans la construction d’éoliennes ou d’hydroliennes.

Dès lors, investir dans la recherche sur les énergies renouvelables, c’est répondre au défi énergétique. Se battre pour que cette recherche soit menée près de Lorient, s’est se battre pour que les savoir-faire des employés de DCN ne soient pas inemployés en cas de crise de cette entreprise.

         Cet article a été diffusé à l'origine dans le cadre de la campagne des législatives 2007 sur la circonscription de Lorient par Yann Syz et Thierry Catrou

 

 

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