Budget de Lorient : entre difficulté et offensive.

Publié le par Kevrenn Bro An Oriant

 Le conseil municipal de Lorient a voté son budget 2009 ce soir. Les débats ont été marqué par la crise, l'ampleur du retrait de l'Etat et les projets de l'équipe municipale visant à placer la ville dans la mobilisation pour les habitants.




Voici ci dessous l'intervention du Groupe UDB sur la globalité des documents.

Lors du débat d’orientation budgétaire, nous avions montré que le budget de la ville de Lorient devait prendre en considération un triple contexte : la baisse en volume réel global des financements d’état aux collectivités locales, une économie en crise où les collectivités doivent agir par la commande aux entreprises et la structuration des solidarités , et la volonté d’adapter la ville aux besoins de ses habitants et de ses acteurs.

 

Ce triple contexte imposait de prévoir une compensation de nos pertes de recettes par l’impôt local. En regard, il fallait également prévoir un resserrement de la dépense.

 

Le document présenté ce soir est donc dans le droit fil de nos discussions précédentes.

  Une stratégie fiscale pour le mandat

D’aucuns diront que la hausse fiscale, si elle est nécessaire, aurait pu être moins importante. Ce serait méconnaître les mécanismes budgétaires qui imposent de prévoir à long terme les grands chantiers dont la ville a besoin, de la gare au Péristyle.

 

Ce serait aussi faire une erreur d’appréciation car si nous faisions le choix de lisser de manière régulière la progression des taux sur le mandat, pour une même rentrée fiscale à la fin, cela conduirait et à reporter sur la fin de mandat la concrétisation des projets et à augmenter en réalité plus l’impot sur la globalité du mandat, pour rattraper ce qui n’est pas rentré les premières années.

Voilà pour dire que le choix de ce soir est le seul tenable, car  il faut viser l'étalement global de l'effort sur la période et non l'étalement de la progression de cet effort, qui revient en dépit des apparences et sans aucune justification à accroître d'année en année l'effort réel, jusqu'à atteindre des taux d'imposition sur lesquels il faudrait rapidement revenir.

 

Le curseur de la hausse fiscal correspond bien à une stratégie d’équilibre du mandat.

  Une fiscalité locale injuste et inégalitaire


Il faut aussi rappeller que l’effort fiscal demandé aux habitants de Lorient est sans commune mesure avec la faible imposition des citoyens des  riches communes de Neuilly , de Puteaux et autres communes de l’ouest Parisien.
Que ces distorsions prospèrent dans un État qui attribue à sa centralisation des vertus égalisatrices renforce le scandale. On fait beaucoup mieux ailleurs, dans des pays où l'on respecte davantage aussi le principe de subsidiarité. La recherche d’équité devrait être un pilier d’une réforme nécessaire de la fiscalité locale .

Un trait majeur de tous les budgets locaux, c’est leur  dépendance vis-à-vis de dotations dont la maîtrise leur échappe, et dont le montant ne leur est jamais assuré d'une année sur l'autre. Il y a là non seulement un autre scandale, mais parfois une véritable escroquerie, et en toute hypothèse un obstacle majeur à l'autonomie des collectivités territoriales, c'est-à-dire à leur responsabilité.

C’est dans ce contexte qu’il faut analyser aussi le fait que le gouvernement français organise, par la suppression de la taxe professionnelle, le transfert d’impôt entreprises à l’impôt ménage. Et là encore, si compensation il y a , pour l’heure l’Etat n’envisage que des règles du jeu non maitrisées par le local, ou bien des ressources comme la TIPP, dont la logique veut pourtant, dans le cadre du développement durable, qu’elle ne soient pas dynamique.


Le projet doit être adptable

Mais il faut bien faire avec le cadre légal actuel, même si nous en connaissons les limites. Si nous demandons aujourd’hui aux Lorientais de contribuer un peu plus, c’est bien pour assurer le niveau nécessaire de services à la population tout en reportant moins que la moyenne des villes cette charge sur les générations futures

Cette stratégie globale ne doit pas nous faire oublier l’autre enjeu du moment, qui est celui de la rationalisation de la dépense. Au delà des transversalités internes qui sont là en jeu, au delà des nécessaires économies (énergies surtout), ce point doit nous amener à ne pas hésiter à remettre régulièrement en question entre nous le dimensionnement de certains projet  en fonction de nos capacité. Ainsi, si le réaménagement de la place de l’hotel de ville est un bon projet, l’importance du décorum autour doit être une question ouverte.

 


Mobilité, patrimoine, enfance et culture


Monsieur Lenormand a rappelé les projets que finance le budget de la Ville.

 

Ayant déjà présenté ici les axes de travail dans le domaine de la santé, je n’y reviens pas et je relève simplement quelques faits que nous estimons, avec mes collègues du groupe UDB comme marquants dans ce budget.

 

Ä On observe d’abord que ce budget est traversé par la question centrale de la mobilité, dans une logique d’équilibre entre la qualité de vie en ville et l’attractivité du territoire.

Les lignes évoquant les rues Chaigneau et Chenailler, le double chantier place de la Mairie – Dupuy de Lôme, les études « secteur gare » et aménagements vélos, forment un tout cohérent.

 

L’enjeu est bien de venir à Lorient plus facilement sans que les flux cachent la ville, de faire de la voiture un maillon de l’intermodalité parmi d’autres, de renforcer la place de l’habitant dans l’espace public et de permettre des mobilités choisies et non subies.

 

Ä On note ensuite que ce budget ancre, comme prévu, la notion de patrimoine à l’hôtel Gabriel. Les travaux d’adaptation du bâtiment en vue de l’accueil des fonds patrimoniaux de la Ville et d’outils de compréhension de Lorient d’hier à aujourd’hui sont un acte important en vue de l’intégration de ce nouvel espace à la ville de Lorient.

 

Ä On remarquera également que ce budget marque un nouveau pas vers le renforcement de la qualité de vie de l’enfant. Modernisation des crèches, sanitaires rénovés dans les écoles, poursuite des aménagements de jeux… Lorient place l’accueil des enfants comme un enjeu de la vie urbaine.

 

Cet état d’esprit doit maintenant nous servir de base pour réussir de manière transversale à travailler aussi à faire de la jeunesse un acteur constructeur du territoire.

 

En matière culturelle, si on place le regard au delà des frontières des chapitres budgétaires, nous avons toutes les cartes en main pour tenir l’équilibre entre les trois savoirs - faire de Lorient : l’ éducation populaire et scientifique, la transmission bretonne et celtique, et la création artistique et innovante.

 

Dévelopement économique et rationalisation

Et l’économie dans tout cela ?

Elle est présente dans tous les questionnements évoqués ici : l’investissement dans la commande au BTP, la place de Lorient dans les mobilités modernes, la dynamique culturelle, l’attention aux jeunes et le renforcement de la connaissance du patrimoine de la ville sont autant de facteurs qui construisent un environnement favorable au renouveau économique.

 

L’intervention directe auprès des porteurs de projets et dans les infrastructures de développement étant plutôt du ressort de l’agglomération, ceux d’entres nous qui s’inquiètent de notre capacité à construire l’économie de demain doivent surtout veiller à ce que l’on conserve un lien fiscal entre le monde de l’ entreprise et l’agglo, il y va de leurs intérêts réciproques.

 

Si on se place enfin dans la prospective, au delà du budget 2009, les débats institutionnels et fiscaux du moment doivent nous conduire à réinterroger les frontières actuelles entre les champs communaux et intercommunaux.

Il y a là des marges de rationalité de la dépense publique et de l’efficacité de l’action à rechercher davantage.

 

                                                                                        Yann SYZ

Publié dans Lorient

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article