Historique de l'UDB

L’U.D.B. a été créée en janvier 1964. Ses fondateurs sont pour la plupart des étudiants rennais membres du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (M.O.B.) et souvent issus des milieux culturels (Ar Falz, bagadoù...), qui décident de faire sécession, jugeant le M.O.B., à la ligne idéologique floue, objectivement à droite.






L’Union démocratique bretonne : quelques repères historiques

Clairement marqués à gauche et fortement impressionnés par les événements en Algérie, les fondateurs de l’U.D.B. se réclament à la fois de la conscience de la vocation nationale de la Bretagne et de l’idéologie socialiste. L’U.D.B., internationaliste, est particulièrement sensible au problème des minorités et des peuples opprimés.

Le premier congrès de l’UDB eut lieu en décembre 1964 à Quimper, place toul al Laer. Les Udbistes étaient 18...

Dès 1965, l’UDB participe aux élections, et lors des municipales de mars, dans les villes de plus de 30000 habitants, le mot d’ordre est : battre l’UNR, le parti gaulliste de l’époque. Dans les communes moins grandes, c’est un peu plus nuancé : battre l’UNR, rejeter tout candidat de droite et tout candidat anti breton. Jean Paul Le Berre est élu sur la liste d’Union de Gauche à dominante communiste du Guilvinec et devient ensuite adjoint au maire, le premier UDB à occuper cette fonction.

Les débuts sont laborieux. Le premier congrès à Quimper réunit 18 personnes à la fin de 1964 et l’organe du parti, « Le Peuple breton », vendu pour l’essentiel, à la criée, ne comprend à l’origine que 4 pages. La croissance des effectifs, provenant majoritairement de l’Université, assez lente. L’importance de l’U.D.B. dans sa première décennie d’existence n’est toutefois pas négligeable. En nouant une alliance avec les partis français de gauche, en soutenant les candidatures Mitterrand en 1965 et 1974, en appuyant fortement les mouvements sociaux (être syndiqué est à l’époque un impératif pour pouvoir adhérer), elle fait passer une partie de ses idées dans les forces progressistes et la jeunesse et contribue à réhabiliter l’action politique bretonne, pénalisée jusque là par l’ombre des événements de 1940-1944.

Mais grâce à l’opiniâtreté et au dévouement de ses responsables, l’U.D.B. va connaître un fort essor dans la seconde moitié des années soixante-dix. L’U.D.B., très bien implantée, atteint le millier d’adhérents. Son mensuel, « Le Peuple breton » tire à 15000 exemplaires. Alors que de nombreuses formations bretonnes n’auront connu qu’une existence éphémère, l’U.D.B. se pérennise, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, une base doctrinale rigoureuse - vocation nationale de la Bretagne et socialisme -, une structure bien charpentée, une véritable discipline militante, une stratégie constante, payante jusqu’en 1982-83 - l’Union de la Gauche -, un soutien effectif aux luttes sociales et culturelles, qui en fait un parti présent sur le terrain. De plus, la qualité des analyses développées dans « Le Peuple breton » confère de la crédibilité au parti. L’U.D.B. prendra assez tôt des options en matière d’environnement. C’est ainsi que, dès le Congrès de Brest, en 1978, elle se prononce officiellement contre le nucléaire et sera très présente dans le combat de Plogoff.

Les années quatre-vingt sont très difficiles pour l’U.D.B. Minée par des dissensions internes, la formation autonomiste est victime d’une scission en 1984. Les puissantes fédérations du Léon et de Brest décident de la quitter, prétextant notamment la proximité trop grande entre l’U.D.B. et le P.S. Une partie des dissidents formera Frankiz Breizh mais beaucoup de militants se retirent de l’action politique, certains d’entre eux décidant de réorienter leurs efforts vers la sphère culturelle. Quelques-uns rallient le P.S. ou le P.C.F. L’U.D.B. parvient très difficilement à subsister.

Les années quatre-vingt-dix, marquées par un net regain d’intérêt pour l’identité bretonne et par les exemples stimulants des autonomies obtenues par le Pays de Galles et l’Ecosse, permettent à l’U.D.B. de se redresser. En participant à la fondation de « Régions & Peuples Solidaires », elle rompt avec un certain isolement sur la scène hexagonale. Elle parvient par ailleurs à se réimplanter dans des secteurs d’où elle avait disparu de la scène politique, notamment à Quimper et à Brest.

En 2004, après 3 tentatives infructueuses, l’UDB fait enfin entrer au Conseil Régional de Bretagne, trois élus plus un aparenté pour former le groupe UDB-Gauche Alternative. C’est finalement une alliance avec les Verts bretons qui permettra de réaliser un score commun de 9.70 % profitable aux deux organisations.

Un premier bilan

(extrait de la brochure "Histoire de l’UDB", de J.J Monnier)

L’influence intellectuelle de l’UDB a été importante, sans commune mesure avec ses résultats électoraux. Elle a transité par les publications, la presse, les affiches, les slogans ("Bretagne = colonie", "vivre travailler et décider en Bretagne"), des communiqués, des tribunes libres. Des intellectuels de l’UDB ont été reconnus pour leurs travaux (histoire, géographie, sciences politiques, écologie, économie) dans et hors de l’UDB. Le petit livre jaune Bretagne colonie a été diffusé à 10 000 exemplaires. La brochure "pêche" publiée sous la responsabilité de Paul Gueguéniat, a servi au ministre Le Pensec pour son plan de relance de la pêche artisanale.

Mais l’UDB n’a pas réussi à faire sauter le verrou du centralisme des médias, des financements, des décisions dans un hexagone qui demeure claquemuré dans un dysfonctionnnement centralisé, bureaucratisé, appuyé sur le refus de reconnaitre les diversités internes.

Jamais la Bretagne n’a été aussi populaire, jamais son identité n’a été perçue de façon aussi positive, en particulier au dehors. l’UDB y est certes pour quelque chose, avec son combat clair et démocratique. Mais le centralisme, garant du conservatisme et de l’absence de solidarité entre les groupes sociaux d’une part, entre les régions de l’autre, n’est pas sérieusement entamé. Encore tout un programme pour la décennie !