Débat sur le transport en Bretagne à Cap Lorient

Publié le par Kevrenn Bro An Oriant

La Région Bretagne travaille actuellement à l’élaboration d’un Schéma Régional Multimodal des Transports.  L’avis de Cap Lorient est sollicité sur ce sujet. Nos élus se félicitent de la réponse cohérente de notre agglomération, qui souhaitent mettre en avant comme priorité numéro 1 toutes les alternatives à la route, en particulier la prolongation du Triskell vers Ploemeur et Quéven, ainsi que l’amélioration de la connection ferroviaire du port de Lorient à son arrière pays.

Nous reproduisons ci dessous l’intervention de Y. SYZ sur le sujet.

 

« Le schéma proposé par la région Bretagne est une bonne analyse de la situation ;

Les choix de priorisation de Cap Lorient proposé ce soir sont judicieux car cohérents avec la démarche agenda 21 .

 

La recherche d’alternatives à la route et le renforcement de nos politiques maritimes sont à lire selon deux problématiques distinctes : le transport de voyageur et celui de marchandise .

 

 

Transport de marchandise

 

Les documents joints sur le CD ROM nous apportent une mine d’information. J’en mettrai 2 en parallèle pour vous faire sourire : le principal partenaire commercial du trafic de marchandises breton à l’étranger et le Royaume Uni, donc le caractère îlien est incontestable, vous en conviendrez.

Pourtant, le mode de transport de marchandises ultra majoritaire dans notre région et le camion.

Mis en parallèle, ces deux faits résument bien la faiblesse de notre commerce maritime. Nous avons pourtant là une ressource économique fondamentale : notre situation géographique au large des principaux flux du commerce mondial. Le transport maritime reste le moyen de transport le plus économique au-delà de 50 kms. Malgré cela, il est délaissé par les gouvernements français.

 

La notion de multi modalité est ici une idée fondamentale. L’axe du document visant à mieux rallier notre port au rail  est de ce point de vue un enjeu capital pour mieux arrimer nos entreprises aux échanges maritimes. Une telle initiative ne pourra qu’améliorer le taux d’exportation du port, aujourd’hui au plus bas, tout en le rendant plus acceptable pour son environnement.

 

 

Sur la question du fret ferroviaire en général, il convient de relever que les intentions du schéma régional sont heurtées par la réorganisation interne de la SNCF qui réduit la toile à Lorient et en Bretagne sur ce point, et ce, à l’heure ou un affréteur privé innove. Nous devons inciter la SNCF à revenir dans le sens de l’histoire .

 

L’ambition maritime du schéma est à saluer. Mais je veux rappeler que l’essor maritime du commerce dans la rade de Lorient ne peut se faire qu’en intégrant à la réflexion le Port Autonome de Nantes – Saint–Nazaire , seul port breton de portée économique significative à l’échelle de l’Europe. Des coopérations gagnant- gagnant avec nos voisins Nantais sont une clé nécessaire de la confortation de notre capital premier qu’est notre position sur l’Atlantique.

 

 

 

 

 

Transports de voyageurs.

 

Un sujet ne  pas être non plus tabou. Dans le contexte du projet Bretagne Grande Vitesse et de création contestée mais probable de l’aéroport de Notre Dame des Landes, l’avenir des petits aéroports de Bretagne est incertain. Avec Quimper à 3h de Paris et un aéroport d’envergure entre Rennes et Nantes, le territoire du Pays de Lorient a – t –il intérêt à maintenir un aéroport qui sera encore plus sous perfusion publique ?

 

Un autre enjeu majeur est celui de l’accessibilité par tous. La cohérence de la chaîne de transport en terme d’accueil des handicaps moteurs, sensoriels ou psychiques est un enjeu de solidarité.

 

 

Lorient à 3h de Paris, c’est un slogan interressant, soit. Mais en matière ferroviaire Quimperlé à 12 minutes de Lorient c’est un slogan tout aussi porteur de sens sinon plus, car le transport est un enjeu de cohésion territoriale et sociale de la Bretagne. En matière de transport de voyageurs, l’enjeu est bien de faire du TER et du Triskell les métros et RER Bretons.

La réussite de cette ambition suppose bien sur une mise en cohérence globale des schémas de transport et des plans d’habitats. L’étalement pavillonnaire continu n’est évidemment pas compatible avec la confortation du Transport collectif. Pour que nos investissements d’infrastructure soient pérennes et provoque des usages, il faut les penser en cohérence avec la densification sur eux-mêmes des bourgs et centre -ville.

La proposition de Cap l‘Orient de mettre l’accent sur les alternatives  à la route au travers du prolongement du Triskell est un bon choix, car c’est un axe qui permettra de faire passer le bus de la logique de péréquation sociale à celle du développement durable.

 

Dans ce sens, dans un contexte financier que nous savons contraint, il faudra que Cap Lorient fasse des choix budgétaires en matière d’investissement. A mes yeux, un des choix prioritaires doit être la prolongation du Triskell vers Quéven et Ploemeur, accompagné de la mise en place de parking relais. Ainsi nous mènerons d’un même front le travail sur les structures et  le travail sur les usages, car la place de la voiture dans la chaîne multimodale ne peut être ignorée non plus pour gagner en efficacité. »

 

 

 

 

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